Soutien ET Accompagnement Psychologique (S'ETAP)

Une ovocyte nommée opale ("pierre précieuse" en sanscrit)

Bonjour, moi c'est OPALE, une Ovocyte Pas du tout banALE 

Et je vais vous conter mon aventure

21 juin 2024 : Adélaïde, Australie Méridionale

Bien au chaud dans ma Matrice (Madeleine), le jour du Solstice, je commence ma vie d'ovocyte.

A seulement 10 semaines de vie intra-utérine, ma matrice est déjà une bâtisseuse. 

Pourtant, rien ne la prédestinait à cela.

Arrivée un peu par hasard, dans l'utérus de Marthe, pompier professionnelle en début de carrière, elle n'a pas été détectée tout de suite et Marthe a d'abord pensé à une grippe intestinale qui s'éternisait. 

Mais lorsqu'elle s'est évanouie en plein milieu d'un exercice d'éteinte de feu sous l'œil attentif des membres de son unité, une prise de sang lui a été faite et 12h plus tard l'annonce est tombée :

  • "Vous êtes enceinte" à dit l'infirmière de la caserne.

Marthe a failli s'évanouir à nouveau en entendant ces mots et la première chose qu’elle a pensé a été :

  • "Mais comment je vais le dire à Samuel ?!".

Samuel, son petit ami depuis 1 mois est jeune pompier comme elle dans la même caserne. Arrivés tous les deux en même temps dans leur brigade, ils se sont très vite rapprochés. Au bout de quelques mois à travailler ensemble ils sont devenus amis et au bout d'un an, Samuel a dit à Marthe qu'il l'aimait et qu'il ne voulait plus être seulement son ami. Marthe l'aimait aussi et ce fut donc tout naturellement qu'ils sont passés d'amis à "en couple" et qu’ils ont emménagé ensemble dans la foulée.

Pour autant, d'un commun accord, ils ont souhaité rester discrets afin de ne pas mettre en péril leur carrière respective. Mais à présent ils allaient devoir prendre une décision : garder le bébé et officialiser leur relation ou ne pas le garder et risquer de le regretter un jour.

 

En effet, même si elle ne prévoyait pas d'avoir un enfant tout de suite, Marthe a toujours voulu, au plus profond d'elle-même, être maman. Ses parents lui avaient appris la bienveillance, le souci de l'autre, la compassion et l'empathie. Des valeurs et préceptes qui l'avaient amenée à s'engager dans sa formation de pompier et qui expliquaient pourquoi elle aimait tant son métier. Des valeurs et préceptes qu'elle imaginait également transmettre à son tour à une descendance.

 

En songeant à ses parents, elle pensa instantanément à la joie que leur procurerait l'annonce de sa grossesse, si elle décidait de la poursuivre. Elle ne pouvait s'empêcher de prendre en compte leur éventuelle réaction en réfléchissant à la décision qu'elle devait prendre, même si cette décision n'appartenait qu'à elle et à Samuel. .

 

Plus elle pensait à cette nouvelle et plus elle espérait que Samuel choisisse de garder l'enfant. Et afin de ne pas trop se faire d'illusions elle décida qu'il était temps de le retrouver pour en parler et prendre la décision à deux. Elle s'apprêtait à sortir du box dans lequel l'infirmière lui avait annoncé la grossesse quand elle se cogna à Samuel qui venait justement prendre de ses nouvelles. A peine eut-t'elle cogné l'épaule de Samuel avec son nez qu'elle s'effondra en larmes et Samuel dû la retenir pour lui éviter de tomber. Il se sentit alors immédiatement très inquiet, pensant que l'infirmière lui avait annoncé un cancer ou une autre maladie létale.

 

Samuel avait accompagné plusieurs proches dans leur combat contre la maladie et même s’ils s’en étaient tous sortis, le chemin qu’ils avaient parcouru ensemble avait été éreintant et pesant émotionnellement. Il ne souhaitait pas revivre cela, qui plus est auprès de l’amour de sa vie, mais surtout, il ne souhaitait pas que Marthe, qu’il chérissait plus que tout au monde, aie à vivre cette épreuve.

  • "Dis moi ce qu'il y a" lui avait-il dit, les yeux baignés de panique.

Marthe avait du mal à contenir son émotion mais elle lâcha du bout des lèvres

  • "Je suis enceinte, je suis désolée."

Le premier élan psychique de Samuel fut le soulagement : Marthe n'avait pas de cancer. Le deuxième fut de la stupeur : un mélange entre de la surprise (ai-je bien entendu ?!) et de la panique (quelle direction va prendre ma vie à présent ?!).

 

Devant l'intensité de l'émotion de Marthe il se contenta de lui demander comment elle se sentait par rapport à la nouvelle et si elle souhaitait en parler. Marthe hocha la tête en guise de oui et Samuel la conduisit dans un endroit calme et au sein duquel ils allaient pouvoir échanger. Marthe apprécia son geste et en son esprit, une étincelle se manifesta : Samuel ferait un excellent père, c'est certain.

Une décision à prendre

Lorsqu'ils furent tranquilles, Marthe proposa de dresser une liste des "pour" et des "contre" en expliquant à Samuel que ce système lui avait été transmis par ses parents et qu'il lui avait été très utile à plusieurs reprises. Samuel n'était pas adepte des listes mais il accepta volontiers de se prêter à l'exercice. Après tout, cette décision était importante et un peu de cadre ne pouvait qu'aider.

  • “Commençons par les contre”, proposa Marthe, qui pensait qu’il y en aurait plus que les "pour" et que ce serait donc plus facile de trouver des arguments de ce côté de la liste.
  • "Notre amour est à son début et nous ne l'avons pas officialisé auprès des autres pompiers"
  • "Nous sommes en début de carrière et poursuivre cette grossesse pourrait compromettre notre avenir professionnel"
  • "Nous n'avons pas encore organisé notre vie et notre plan de carrière donc avoir un enfant dans ces conditions pourrait être perturbant"
  • "Avoir un bébé ça fait peur, c'est une grande étape dans la vie et ça se prépare"
  • "Marthe n'aime pas les imprévus et préfère généralement pouvoir prévoir et préparer les choses et elle aurait voulu pouvoir décider quand ce serait le bon moment pour avoir un enfant".
  • “Cela fait donc 5 arguments contre” annonça Samuel. Tu penses à autre chose ?

Marthe hocha la tête en guise de non et ils poursuivirent leur inventaire avec les arguments “pour” :

  • "Nous nous aimons et sommes amis depuis plus d'une année donc nous nous connaissons bien"
  • "Nous sommes dans une caserne bienveillante avec des chefs et des collègues affectueux : ils sont comme une famille. Ils comprendront notre situation et l’accueillerons avec bienveillance et entraide”.
  • "Nous avons envie d'avoir un enfant ensemble un jour donc pourquoi pas maintenant ?"
  • "Nous avons nos parents pour nous aider"
  • "Nous aurions préféré attendre mais nous sommes suffisamment matures et stables pour élever un enfant dans les meilleures conditions"
  • "Nous aimons la vie et les défis et accueillir un enfant pourrait la rendre encore plus belle"
  • "Mettre un enfant au monde peut donner un sens, une direction à sa vie"
  • "Nous risquons de regretter d'interrompre la grossesse".
  • "On n'est jamais véritablement prêt à avoir un enfant et cette étape se construit progressivement : nous avons encore plusieurs mois pour nous préparer"
  • "Samuel est une personne qui sait improviser, trouver une solution pour chaque problématique. il saura gérer cette situation et être un père stable et sécurisant".
  • “Ca fait donc 10 points en faveur de la poursuite de cette grossesse” annonça Marthe, la voix fébrile, mélange de joie et de peur.

Samuel et Marthe se regardèrent d’un regard intense, si intense qu’ils avaient l’impression de ne faire plus qu’un. Puis, à la fin de ce regard qui sembla durer une éternité, ils s’écrièrent, à l’unisson : “nous allons avoir un bébé”. Et puis spontanément, comme il avait toujours mené sa vie jusqu’à présent, Samuel tâtonna dans la poche de son veston, sortit un écrin de velours et au même moment, mit un genou à terre, et posa LA question qui lui était vitale et qu’il cherchait à poser depuis plusieurs semaines :

  • “Marthe, mon amour, veux-tu faire de moi le plus heureux des hommes en partageant ma vie pour toujours ?”

Suprise, Marthe souffla un léger “oui” et se reprit en criant un grand “oui” qui alerta le reste de la caserne. Alors, sans réfléchir, Samuel prit Marthe sur son épaule et courut dans toute la caserne en criant :

  • “elle a dit oui ! Marthe et moi allons nous marier”.

Leurs collègues mirent un temps relativement long à réagir, hésitant entre des félicitations et des manifestations de surprise. Finalement, ils improvisèrent une danse de la victoire au son de la sono.

Le chef sortit de son bureau et cria :

  • “Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ?!”

Marthe rougit car elle n’aimait pas attirer l’attention sur elle. Samuel la reposa alors sur le sol, fit le signe de respect que l’on réserve aux chefs des brigades de pompier et s’excusa pour le vacarme :

  • “Chef, je vous prie de bien vouloir nous excuser pour ce bruyant incident. Je viens de demander à Marthe si elle voulait m’épouser et elle a dit oui”.

La joie se lisait littéralement sur son visage. Il ne pouvait s’arrêter de sourire et cela même lorsqu’il se rendit compte de l’annonce qu’il venait de faire et qu’il envisagea ce qui pouvait se passer.

Et il ne put s’empêcher d’ajouter : “Et Marthe est enceinte. Nous allons avoir un bébé !”

En signe de respect, il baissa à nouveau la tête et attendit la réponse du chef avec inquiétude.

Le chef prit un air sérieux.

  • “J'aurais préféré être averti de votre relation avant cette annonce spontanée mais en tant que votre chef de brigade, unité que je considère un peu comme ma famille, je ne peux que me réjouir de cette annonce et espère être invité à votre mariage et être présenté à votre bébé”.

    Son visage s’éclaircit et il dit :

  • “sortons le champagne que nous réservons pour les grandes occasions et trinquons à cette bonne nouvelle : un bébé va naître au sein de notre brigade et en 20 ans de carrière en tant que chef, c’est la première fois que je vis cela.”

On pouvait lire l’émotion dans ses yeux. Il n’avait pas pu avoir d’enfant car son épouse avait eu une opération au niveau des ovaires très jeune et ne pouvait pas concevoir un enfant naturellement. A l’époque, ils n’avaient pas pensé qu’il pouvait y avoir d’autres moyens pour concevoir un enfant et ils s’étaient résignés. Aujourd’hui ils vivaient une vie heureuse et les voyages et projets bordaient leur existence mais longtemps le manque d’enfant s’était fait sentir et ils avaient tous deux failli sombrer dans la dépression.

Cet enfant serait alors pour lui un peu comme son propre enfant.

Il savait qu’en tant que chef, il allait devoir faire un rapport pour omission d’information pouvant compromettre le travail de la brigade mais en cet instant, il ne rêvait que d’une chose : appeler son épouse pour lui annoncer la nouvelle et fêter cette annonce avec le reste de la brigade.

Vers 1h du matin, Marthe et Samuel s’éclipsèrent pour profiter de leur bonheur en duo, dans leur appartement.

Ils ne purent dormir cette nuit-là et la passèrent, blottis l’un contre l’autre à énumérer à quel point ils étaient heureux de leur décision.

Marthe demanda à Samuel si cela le gênait qu’elle annonce sa grossesse à ses parents dès à présent et celui-ci la rassura :

  • " Je sais à quel point vous êtes proches avec tes parents et c’est un plaisir pour moi que tu leur annonce tout de suite. Je pensais d’ailleurs l’annoncer à mes parents si cela ne te dérange pas”.
  • “Pas le moins du monde” répondit-elle avec le sourire qui l’avait séduit la première fois qu’il l’avait rencontrée à la caserne.

L’annonce fut donc faite et il s’ensuivit des mois de fête et de préparation, à la fois du mariage et de l’arrivée du bébé.

Samuel et Marthe souhaitant conserver le secret concernant le sexe du bébé, ils ne surent qu’au moment de la naissance que leur bébé était une petite fille.

Une héroïne nommée Madeleine

Marthe et Samuel prénommèrent leur fille Madeleine, en référence à l’arrière-grand-mère de Samuel qui avait œuvré pour l’avancée de la médecine et de la condition des femmes en espérant lui transmettre cette vertu. Et ils élevèrent Madeleine dans l’amour inconditionnel et la transmission de valeurs telles que l'altruisme, la compassion, la persévérance…

Elle aurait pu transmettre cela en élevant à son tour un enfant mais, même si elle ne se lassait pas d’écouter ses parents raconter la manière dont elle s’était invitée dans leur vie et conter le bonheur que cette nouvelle ainsi que toutes les étapes qui ont suivi avaient généré en eux, elle ne souhaitait pas enfanter et préférait offrir cette possibilité à d’autres personnes en faisant don de ses ovocytes.

En effet, Madeleine était une personne très généreuse et altruiste et se remplissait de bonheur lorsqu’elle voyait d’autres personnes en joie. Ce projet s’inscrivait donc dans cet état d’esprit et ses parents ne pouvaient que la soutenir : ils avaient tellement été comblés dans leur rôle de parents que devenir grands-parents n’était pas essentiel pour eux et ils se disaient qu’avec le dons d’ovocytes Madeleine allait permettre à d’autres personnes de connaître leur profond bonheur.

Pour autant, son souhait était précis : elle voulait que ses ovocytes servent à "faire le bien" et elle avait pour cela choisi de faire appel à un organisme qui mettait en lien des “Matrices” avec des familles bienfaitrices (dons réguliers à des associations, mises en place d'actions pour aider la recherche médicale...) et ayant comme projet d’initier leurs enfants à cette philosophie et de les encourager à reprendre le flambeau.

Et plus précisément, elle souhaitait qu’au moins un de ses ovocytes donne naissance à une personne s’intéressant à la recherche en cancérologie, en lien avec le fait que son père avait été beaucoup affecté par ses années d’accompagnement de personnes en lutte contre le cancer et qu’ils en avaient beaucoup parlé.

Son souhait fut exaucé puisque moi, OPALE, un des ovocytes dont Madeleine a fait don, donnai naissance en 2054 à une personnalité (Magda) qui devint essentielle dans l’univers de la cancérologie : en 2104, Magda trouva un remède miracle pour éradiquer toute forme de cancer. Ce fut l’accomplissement de nombreuses années de recherches avec acharnement et convictions. Elle y avait tellement consacré de temps qu’elle n’avait pu envisager de fonder une famille, considérant dans le même temps que sa famille étaient ces recherches et les cellules sur lesquelles elle travaillait.

De plus, comme elle était reconnaissante de l’action qui lui avait permis de voir le jour, elle décida à son tour de transmettre son ADN en participant au don de ses ovocytes, espérant que ceux-ci puissent accomplir de grandes choses et de grands bonheurs et faire des découvertes miraculeuses comme cela avait été le cas la concernant .

Avant de vous quitter, moi OPALE, je souhaite vous dire que :

  • Le don d’ovocytes, en plus de combler de joie un couple en attente de pouvoir fonder une famille, peut être à l’origine de grandes découvertes et de bonnes actions.
  • Si avoir un enfant à élever ne vous tente pas mais que vous vous questionnez sur la trace que vous pourriez laisser sur terre, le don d’ovocytes peut être une chouette alternative.

Pensez au don d’ovocytes, vous êtes peut-être la matrice d’une future héroïne !

Que vous :

- Pensiez à faire un don d'ovocytes (mais que vous hésitez encore)

- Aillez des difficultés pour avoir un enfant et commenciez à penser au don d'ovocytes.

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Je serai très heureuse d'interagir avec vous.


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